Archive pour la catégorie ‘Poèmes’

De la Connaissance de Soi – par Khalil Gibran

Dimanche 26 septembre 2010

Un homme dit:” Parle-nous de la Connaissance de soi”

Il répondit:

” Vos coeurs connaissent en silence les secrets des jours et des nuits.

Mais vos oreilles se languissent d’entendre la voix de la connaissance en vos coeurs.

Vous voudriez savoir avec des mots ce que vous avez toujours su en pensée.

Vous voudriez toucher du doigt le corps nu de vos rêves.

Et il est bon qu’il en soit ainsi.

La source secrète de votre âme doit jaillir et couler en chuchotant vers la mer,

Et le trésor de vos abysses infinis se révéler à vos yeux.

Mais qu’il n’y ait point de balance pour peser votre trésor inconnu,

Et ne sondez pas les profondeurs de votre connaissance avec tige ou jauge,

Car le soi est une mer sans limites ni mesures.

Ne dites pas: “J’ai trouvé la vérité”, mais plutôt: “J’ai trouvé une vérité”.

Ne dites pas: “J’ai trouvé le chemin de l’âme”. Dites plutôt: “J’ai rencontre l’âme marchant sur mon chemin”.

Car l’âme marche sur tous les chemins.

L’âme ne marche pas sur une ligne de crête, pas plus qu’elle ne croît tel un roseau.

L’âme se déploie, comme un lotus aux pétales innombrables. “

De la Connaissance de Soi   par Khalil Gibran

De la Connaissance de Soi

Extrait de Le Prophète

Photo: wikimedia.org – by Daniel Skorodjelow

De la Joie et de la Tristesse – par Khalil Gibran

Dimanche 19 septembre 2010

Une femme dit alors:

“Parle-nous de la Joie et de la Tristesse.”

Il répondit:

Votre joie est votre tristesse sans masque.

Et le même puits d’où jaillit votre rire a souvent été rempli de vos larmes.

Comment en serait-il autrement ?

Plus profonde est l’entaille découpée en vous par votre tristesse, plus grande est la joie que vous pouvez abriter.

La coupe qui contient votre vin n’est-elle pas celle que le potier flambait dans son four ?

Le luth qui console votre esprit n’est-il pas du même bois que celui creuse par les couteaux ?

Lorsque vous êtes joyeux, sondez votre coeur, et vous découvrirez que ce qui vous donne de la joie n’est autre que ce qui causait votre tristesse.

Lorsque vous êtes triste, examinez de nouveau votre coeur. Vous verrez qu’en vérité vous pleurez sur ce qui fit vos délices.

Certains parmi vous disent: “La joie est plus grande que la tristesse”, et d’autres disent: “Non, c’est la tristesse qui est la plus grande.”

Moi je vous dit qu’elles sont inséparables.

Elles viennent ensemble, et si l’une est assise avec vous, a votre table, rappelez-vous que l’autre est endormie sur votre lit.

En vérité, vous êtes suspendus, telle une balance, entre votre tristesse et votre joie.

Il vous faut être vides pour rester immobiles et en équilibre.

Lorsque le gardien du trésor vous soulève pour peser son or et son argent dans les plateaux, votre joie et votre tristesse s’élèvent ou retombent.

De la Joie et de la Tristesse   par Khalil Gibran

De la Joie et de la Tristesse

Extrait de Le Prophète

Photo: wikimedia.org – by Loïc-Evanno

De l’Amitié – par Khalil Gibran

Dimanche 12 septembre 2010

Et un jeune dit, Parle-nous de l’Amitié.

Et il répondit, disant: Votre ami est votre besoin qui a trouvé une réponse.

Il est le champ que vous semez avec amour et moissonnez avec reconnaissance.

Il est votre table et votre foyer.

Car vous venez à lui avec votre faim, et vous cherchez en lui la paix.

Lorsque votre ami parle de ses pensées vous ne craignez pas le “non” de votre esprit, ni ne refusez le “oui”.

Et quand il est silencieux votre coeur ne cesse d’écouter son coeur;

Car en amitié, toutes les pensées, tous les désirs, toutes les attentes naissent et sont partagés sans mots, dans une joie muette.

Quand vous vous séparez de votre ami, ne vous désolez pas ;

Car ce que vous aimez en lui peut être plus clair en son absence, comme la montagne pour le randonneur est plus visible vue de la plaine.

Et qu’il n’y ait d’autre intention dans l’amitié que l’approfondissement de l’esprit.

Car l’amour qui cherche autre chose que la révélation de son propre mystère n’est pas l’amour, mais un filet jeté au loin : et ce que vous prenez est vain.

Et donnez à votre ami le meilleur de vous-même.

Et s’il doit connaître le reflux de votre marée, laissez le connaître aussi son flux.

Car qu’est-ce que votre ami si vous venez le voir avec pour tout présent des heures à tuer ?

Venez toujours le voir avec des heures à faire vivre.

Car il est là pour remplir vos besoins, et non votre néant.

Et dans la tendresse de l’amitié qu’il y ait le rire et le partage des plaisirs.

Car dans la rosée de menues choses le coeur trouve son matin et sa fraîcheur.

De lAmitié   par Khalil Gibran

De l'Amitié

Extrait de Le Prophète

Photo: wikimedia.org – by JohnWong

Vos Enfants – par Khalil Gibran

Dimanche 5 septembre 2010

Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,

Ils viennent à travers vous mais non de vous.

Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.


Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,

Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,

Car leurs âmes habitent la maison de demain,

que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux,

mais ne tentez pas de les faire comme vous.

Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.


Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.

L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini,

et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.

Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;

Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

Vos Enfants   par Khalil Gibran

Vos Enfants

Extrait de Le Prophète

Photo de Tina Phillips – FreeDigitalPhotos.net

Abou Ben Adhem – Par Leigh Hunt

Jeudi 20 août 2009

Abou ben Adhem (bénie soit sa tribù)

sa réveilla une nuit d’un rêve profond de paix,

Et vit, dans le clair de lune qui donnait

à sa chambre la splendeur d’un lis épanoui,

Un ange écrivant dans un livre d’or,

Ben Adhem, rendu brave par un long repose,

demanda à la présence dans la chambre :

” Qu’écris-tu? ” La vision leva la tête,

Et le regard rayonnant de douceur, répondit :

” Les noms de ceux qui aiment le Seigneur.”

” Le mien est-il entre eux ? ” dit Abou

” Non il ne l’est pas “, répondit l’ange.

Abou parla alors d’une voix plus sourde

Mais encore enjouée.

” Je te prie, alors, de m’inscrire

comme quelqu’un qui aime les hommes. “

L’ange écrivit son nom et disparut.

La nuit suivante il revint entouré de lumiére

Et montra les nom bénis par l’amour de Dieu.

Miracle !

Le nom de Ben Adhem précédait tous les autres !

Abou Ben Adhem

Abou Ben Adhem

Poème littéraire inspiré, écrit par Leigh Hunt à l’époque où il était prisonnier frappé par la pauvreté dans une prison anglaise, où il avait été injustement jeté à cause de ses opinions politiques trop avancées. Ce poème s’intitule Abou Ben Adhem et il est cité pour rappeller le fait que l’une des choses les plus remarquables qu’on peut faire c’est de pardonner à ceux qui se sont portés injustement envers nous.